La médiation de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur enregistre en 2025 une hausse nette des saisines et, en particulier, des demandes liées aux violences et aux atteintes aux droits et à la sécurité des enfants. Dans un contexte où les situations de mal-être et de détresse psychologique sont de plus en plus souvent mentionnées, le rapport de la médiatrice met aussi en avant une dégradation des relations au sein des communautés éducatives et un besoin de réponses plus structurées.

Des saisines en forte progression, avec une accélération sur les violences

En 2025, la médiation a traité 28 450 saisines, soit une hausse d’environ 20 % par rapport à 2024, et près de 60 % sur cinq ans. Les demandes concernant les violences ou des atteintes aux droits, à la dignité ou à la sécurité des enfants à l’école et à proximité progressent davantage : elles « plus que doublent » en un an.

Le rapport souligne aussi un lien entre ces dynamiques et l’augmentation des situations de harcèlement et de violence. Ces problématiques passent d’un volume de saisines de l’ordre du millier de cas à une période récente beaucoup plus élevée, traduisant une aggravation des tensions constatées.

Des conflits du quotidien et du mal-être davantage visibles

Chez les usagers, les demandes recouvrent largement la vie quotidienne et les conflits en établissements. La part des saisines liées aux conflits progresse fortement à moyen terme, interprétée comme un indicateur de relations plus dégradées entre les membres de la communauté éducative.

Dans cette même évolution, près de 450 saisines mentionnent explicitement un mal-être psychique chez l’élève. Le phénomène augmente depuis plusieurs années, avec une progression particulièrement marquée dans le premier degré.

Des réponses attendues : formation, référents et traitement au plus près

Face à ces constats, la médiatrice défend plusieurs orientations. D’abord, renforcer la sensibilisation, dès la formation initiale, des chefs d’établissement et des équipes pédagogiques à la prise en charge des problématiques de santé mentale.

Ensuite, pour les personnels, le rapport appelle à un protocole d’actions permettant le traitement, le suivi et la réparation au plus près des agents, avec la désignation d’un référent institutionnel dédié, interlocuteur privilégié.

Enfin, une nouvelle étape est actée avec la création, au 1er avril 2026, d’un poste de déléguée à la protection des enfants à l’école, afin d’accompagner plus spécifiquement les situations relevant de la sécurité et des atteintes aux droits.

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