Plusieurs signalements et plaintes ont conduit la justice à se saisir d’un dossier visant le directeur d’une école maternelle et élémentaire privée catholique de Bordeaux. Le parquet de Bordeaux a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire après deux plaintes avec constitution de partie civile déposées par des familles de deux garçons scolarisés dans l’établissement.

Le chef d’établissement, suspendu à titre provisoire, est soupçonné de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs de moins de quinze ans, de violences aggravées et de menaces de mort. L’enquête porte aussi, dans certaines plaintes, sur l’OGEC et des manquements supposés en matière de signalement.

Deux plaintes, un même établissement, une enquête judiciaire

Le 8 juillet, le doyen des juges d’instruction de Bordeaux a reçu deux plaintes avec constitution de partie civile visant le directeur de l’ensemble scolaire Sainte-Marie Bastide, situé rive droite. L’une des plaintes vise des faits qualifiés de « viol sur mineur de moins de quinze ans » et « agressions sexuelles sur mineur », avec violences aggravées et menaces de mort.

La seconde plainte vise également le directeur, et prévoit, selon les termes du parquet, la possibilité d’extension à des personnes ou à la personne morale de droit privé (OGEC) ainsi qu’à toute personne ayant eu à connaître des faits sans être intervenue. Dans cette plainte, les qualifications mentionnent notamment des chefs de viol sur mineur par personne ayant autorité, ainsi que des infractions liées à la non-assistance à personne en danger et au défaut de signalement.

Une chronologie marquée par un premier signalement en février

En février, une première alerte émanant d’un enfant de 7 ans a conduit à une enquête : le directeur a été placé en garde à vue le 23 février, puis laissé libre en vue d’investigations complémentaires. Par la suite, les faits qui seraient visés auraient été commis pendant le parcours de l’enfant, alors qu’il était en CP puis en CE1.

Début juillet, une deuxième plainte a été déposée par la famille d’un autre garçonnet de 7 ans pour des faits remontant à son année de CP. D’après les éléments rapportés autour du dossier, le signalement a été déclenché après des auditions et échanges relevant du suivi médico-psychologique de l’enfant.

Des accusations centrées sur des moments en « bureau », et des contestations sur l’accès

Plusieurs éléments évoqués par les personnes impliquées dans le dossier se concentrent sur des situations d’entretiens individuels avec le directeur. Il est notamment question de faits se seraient déroulés dans le bureau du directeur, où l’enfant aurait été reçu parfois seul à seul.

Des contestations apparaissent aussi : certains arguments de défense mettent en avant les conditions d’accès au bureau (localisation, visibilité et éventuelle ouverture de la porte), en s’appuyant sur l’organisation des espaces de travail. Ces points font partie des éléments que l’enquête devra vérifier.

Des parents et un ancien enseignant dénoncent des silences et demandent des réponses

Après le premier placement en garde à vue, des parents évoquent des communications jugées insuffisantes et des inquiétudes sur la manière dont la situation aurait été expliquée. Ils indiquent avoir dû insister pour obtenir un rendez-vous et estiment que la gravité des accusations n’aurait pas été suffisamment prise en compte.

De son côté, un ancien enseignant affirme avoir quitté l’établissement et dénonce ce qu’il qualifie d’« omerta », tout en précisant n’avoir pas été témoin direct d’actes répréhensibles. Par ailleurs, des échanges rapportés autour du dossier font état de difficultés d’accompagnement pour des élèves et d’un contexte jugé dégradé.

La direction diocésaine, contactée, a indiqué ne pas vouloir commenter les éléments de la procédure, afin de respecter le bon déroulement de l’enquête et les droits des personnes concernées.

Pendant ce temps, la procédure suit son cours sous l’autorité d’un juge d’instruction, avec l’objectif d’établir les faits et de sécuriser la prise en compte de la parole des enfants dans un dossier sensible.

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