Face à des difficultés de développement ou d’apprentissage persistantes, les enseignants peuvent contribuer au repérage d’un trouble du neurodéveloppement. La plateforme de coordination et d’orientation (PCO) permet ensuite d’organiser des bilans et des interventions sans attendre qu’un diagnostic définitif soit posé. L’enseignant ne saisit pas lui-même la plateforme : son rôle consiste à décrire ses observations et à échanger avec la famille et les professionnels concernés.
Deux parcours PCO, selon l’âge et le lieu de résidence
Les PCO accompagnent les enfants pour lesquels un trouble du neurodéveloppement est suspecté : trouble du spectre de l’autisme, TDAH, troubles spécifiques des apprentissages, trouble développemental du langage ou de la coordination, notamment. Un diagnostic préalable et une reconnaissance de handicap par la MDPH ne sont pas nécessaires pour engager un parcours.
Il existe un parcours pour les enfants de 0 à 6 ans et un autre pour les 7 à 12 ans. Le second concerne directement l’école élémentaire, où certaines difficultés peuvent devenir plus visibles avec l’augmentation des exigences scolaires. Toutefois, les PCO 7-12 ans ne sont pas encore présentes dans tous les départements : fin 2025, 73 étaient ouvertes et le déploiement restait en cours. La plateforme compétente dépend du lieu de résidence de l’enfant ; il convient donc de vérifier l’offre locale.
Selon les données de fin 2025, 186 193 enfants avaient été repérés et adressés aux PCO depuis leur création : 145 033 dans le parcours 0-6 ans et 41 160 dans celui des 7-12 ans. Ces chiffres ne signifient pas que les délais sont identiques partout. En 2024, le délai moyen entre l’adressage et la validation du parcours était de 68 jours, avec des écarts entre territoires.
Repérer, décrire et dialoguer sans poser de diagnostic
À l’école maternelle, des signes d’alerte peuvent concerner le langage, la compréhension, les interactions, la motricité, l’attention ou les réactions aux changements et aux stimulations sensorielles. À l’élémentaire, les difficultés peuvent notamment apparaître dans la lecture, l’orthographe, l’écriture, les mathématiques, l’organisation, les relations sociales ou l’autonomie. Une fatigue importante et des difficultés qui persistent malgré les adaptations pédagogiques peuvent aussi être utiles à documenter.
Ces observations ne permettent pas à l’enseignant d’établir un diagnostic. Il lui revient de décrire concrètement les difficultés, leur fréquence, les situations où elles surviennent, leur persistance et les aides déjà essayées, ainsi que leur effet. Les échanges avec l’équipe et la famille peuvent aider à envisager la suite. Le Rased, le PsyEN ou le médecin scolaire peuvent également être sollicités selon la situation.
Pour les enfants de 7 à 12 ans, un volet enseignant du livret de repérage permet de renseigner les apprentissages, l’attention, le comportement, les relations avec les autres, la motricité, la fatigue, les points forts et les adaptations déjà mises en place. L’école apporte ainsi des éléments utiles au parcours de santé, sans se substituer aux professionnels chargés de l’évaluation.
Du constat en classe à l’adressage médical
Lorsqu’une inquiétude apparaît, le parcours peut commencer par des observations en classe et des adaptations pédagogiques, suivies d’échanges avec l’équipe et la famille. Une consultation médicale peut ensuite être envisagée. Dans le fonctionnement général, c’est un médecin — médecin traitant, pédiatre, médecin scolaire ou médecin de PMI, par exemple — qui adresse l’enfant à la PCO, avec l’accord de sa famille, à l’aide du livret de repérage correspondant à son âge.
Une fois le dossier transmis, la PCO étudie la situation et son médecin coordonnateur détermine les investigations nécessaires. La plateforme organise un parcours adapté et coordonne les professionnels mobilisés : par exemple un orthophoniste, un psychologue, un psychomotricien ou un ergothérapeute, selon les besoins. Les bilans et certaines interventions peuvent commencer pendant que les investigations se poursuivent.
Le parcours initial dure 12 mois et peut être renouvelé une fois, soit jusqu’à 24 mois. La PCO a vocation à organiser les premières interventions et à préparer un relais adapté, qui peut notamment relever de professionnels libéraux, d’un CMP, d’un CMPP ou d’autres structures de soins et d’accompagnement. Certaines interventions, notamment en psychologie, psychomotricité ou ergothérapie, peuvent être financées dans le cadre du parcours sans reste à charge pour les familles.
PCO, MDPH et PAP : des démarches complémentaires
La PCO relève du parcours de santé : elle coordonne des bilans, des interventions précoces et l’évaluation des besoins. La MDPH, elle, évalue les besoins liés au handicap et peut ouvrir l’accès à des mesures de compensation ou d’accompagnement, comme un PPS ou une AESH. Il est donc possible d’engager un parcours PCO sans dossier MDPH.
Le PAP répond à une autre fonction : il organise des aménagements pédagogiques à l’école. Il peut coexister avec un parcours PCO, et les adaptations en classe n’ont pas à attendre la fin des bilans. Pour l’enseignant, l’enjeu est de transmettre des observations précises, de partager les informations utiles avec la famille et l’équipe, puis de contribuer au dialogue avec les professionnels qui peuvent orienter l’enfant.
Rejoignez des milliers de personnels des écoles !
Partagez, échangez, inspirez-vous et gagnez du temps au quotidien.
Rejoindre la communauté ♥
Quel enseignant es-tu ?
Fais le test pour connaître ton profil caché d'enseignant.
Soutenir le projet
Faites un micro-don pour soutenir le site et profitez d'une version sans publicite.

Sur le papier cela paraît formidable mais comme indiqué les délais varient. Résultat une élève avec PCO en petite section se retrouve en grande section sans aucun bilan effectué et un parcours scolaire extrêmement compliqué… Il ne faut donc pas attendre le retour de la PCO pour enclencher d’autres levuers comme le CAMSP ou le CMP…
Où peut on trouver ces livrets?
Ce ne sont que les médecins qui y ont accès.
Bonjour
Sur l’académie de Rennes et peut être ailleurs, nous avons la plateforme TND qui me semble en tout point identique à PCO. La seule différence d’après ce que je peux lire c’est que nous n’avons pas la possibilité d’y déposer nos observations ( ce qui serait intéressant cependant). La plateforme étant prise d’assaut il faut compter 10 mois pour avoir un retour ( pour un enfant de maternelle).
Comment faire lorsque nous remarquons une suspicion de trouble et que le médecin de famille dit que tout va bien (parce qu’il commence à remplir le dossier puis s’aperçoit que c’est long et ne veux pas le terminer). Il réussit même à convaincre les parents que tout va bien.
Ne pouvons pas nous même enseignants faire le lien directement avec le PCO?
Aucune info dans mon académie à ce sujet. C’est intéressant, mais encore faut-il avoir des médecins scolaires …
Chez nous non plus, nous n’avons pas de médecin scolaire. C’est le médecin traitant de l’élève qui fait la demande.
Fait pour 3 élèves font 1 TDAH++++, il y a 3 parties à remplir (école, famille et médecin), aucun retour plus d’un an après.
Peut-on écrire au PCO pour l’inverse : maman avec psychose, syndrome faisant penser à un Münchhausen, qui décide que son enfant est TDAh, et la met sous traitement, avec l’aval du neurologue ? Neurologue qu’elle a déjà convaincu de mettre l’aîné en IME, alors que son niveau lui permet de suivre en ULIS. Quels sont nos aides et recours dans ce cas ? Puis-je contacter la PCO si il y en a dans mon département ?