Deux quinquennats, une même ligne : réformer encore et encore l’école
Une avalanche de textes comme jamais auparavant
Depuis 2007, le Code de l’éducation n’a cessé d’évoluer. Mais une chose saute aux yeux : la vitesse s’est accélérée sous les deux mandats d’Emmanuel Macron. Quand Nicolas Sarkozy avait modifié 170 textes pendant son quinquennat (2007-2012), François Hollande en avait fait évoluer 670 entre 2012 et 2017.
Et depuis 2017, c’est une autre échelle. Le premier mandat d’Emmanuel Macron (2017-2022) cumule à lui seul 1 400 textes modifiés. Le second, toujours en cours, atteint déjà 500 textes, alors que nous ne sommes qu’à mi-parcours.
Cela représente plus de 1 900 textes en 7 ans, un volume jamais atteint auparavant dans l’histoire récente de l’Éducation nationale.

Réformer, moderniser… ou dérégler ?
Cette explosion réglementaire reflète une volonté politique claire : transformer l’école en profondeur. Chaque ministre successif – Jean-Michel Blanquer, Pap Ndiaye, Gabriel Attal puis Nicole Belloubet, Elisabeth Borne – a porté des réformes : nouveaux programmes, évaluations nationales, Parcoursup, réforme du bac, instruction à 3 ans, généralisation des CP dédoublés, « choc des savoirs », modification des programmes …
Mais cette frénésie pose une question : comment les équipes pédagogiques peuvent-elles suivre ce rythme effréné sans perdre de vue l’essentiel – enseigner ?
Une école qui n’a plus de repères stables
Quand les textes évoluent en continu, les repères s’effacent. Ce qui était valable l’an dernier ne l’est peut-être plus aujourd’hui. Les enseignants doivent passer du temps à décoder les nouvelles circulaires, à ajuster leurs pratiques et à réécrire leurs outils.
Beaucoup évoquent une surcharge administrative, une perte de sens et un sentiment d’instabilité permanente.
Un constat clair : l’école n’a jamais été autant réformée
Avec près de 2 000 textes modifiés depuis 2017, les deux quinquennats Macron marquent une rupture. Jamais l’École n’a connu une telle transformation en si peu de temps. Reste à savoir si cette stratégie de réforme continue produira les effets attendus… ou si elle épuisera un peu plus une institution déjà fragilisée.

