La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a publié, le 7 avril 2026, un document de travail présentant des projections d’effectifs d’élèves à l’horizon 2035. C’est la première fois que cet exercice est diffusé avec un tel niveau de détail territorial, jusqu’au département.
Selon le scénario intermédiaire retenu par la DEPP, la France compterait 1 676 800 élèves de moins en 2035 dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat. Cela correspond à une baisse de 14,2 % des effectifs scolaires sur dix ans.
Le premier degré reculerait plus vite que le second
La baisse serait plus marquée dans le premier degré, avec 933 000 élèves en moins, soit – 15,2 %. Le second degré perdrait de son côté 743 800 élèves, soit – 13,2 %.
La DEPP explique cette évolution par la baisse des naissances observée depuis 2010 et accentuée ces dernières années. Le recul concernerait d’abord la maternelle et l’école élémentaire, avant de se répercuter progressivement sur le collège puis sur le lycée.
À plus court terme, la rentrée de septembre 2026 marquerait déjà une nouvelle baisse nette. Le premier degré compterait 125 400 élèves de moins, tandis que le second degré en perdrait 36 200, soit plus de 160 000 élèves en moins au total. La petite section serait particulièrement touchée.
Des écarts très importants selon les territoires
L’un des principaux apports de cette publication est sa déclinaison par académie et par département. Tous les territoires ne seraient pas touchés de la même manière.
Dans le premier degré, les baisses les plus fortes à horizon 2035 concerneraient notamment Paris (- 29,3 %), Nancy-Metz (- 22,1 %) et Lille (- 20,7 %). À l’inverse, la baisse serait plus limitée dans certaines académies comme Nice ou Nantes. Mayotte afficherait même un recul beaucoup plus faible.
Les écarts apparaissent aussi à l’intérieur d’une même académie. La DEPP cite par exemple la Creuse, où la baisse atteindrait 20 %, contre 7,4 % en Corrèze. En Bretagne, les Côtes-d’Armor reculeraient davantage que l’Ille-et-Vilaine.
Dans le second degré, la quasi-totalité des académies verrait aussi ses effectifs diminuer. Les baisses les plus marquées concerneraient surtout le nord et l’est du pays. Seules la Guyane et Mayotte continueraient de progresser.
Un outil présenté comme un appui pour l’anticipation locale
Le ministère présente ces projections comme un outil de transparence et d’anticipation pour les territoires. Elles doivent notamment alimenter les Observatoires des dynamiques rurales et territoriales, généralisés à l’ensemble des départements.
Le ministre indique que cette baisse démographique va modifier les besoins en personnels dans les années à venir. Il affirme aussi qu’elle devra servir à réfléchir à l’organisation scolaire et à la baisse du nombre d’élèves par classe. En parallèle, il rappelle que la règle selon laquelle aucune école ne ferme sans l’accord du maire sera reconduite pour la rentrée 2026.
👉 Consulter la publication officielle de la DEPP


Tout dépendra peut-être aussi des endroits.
Je suis d’accord : la DEPP souligne de forts écarts territoriaux (Paris −29,3 % ; Nice ou Mayotte bien moins touchées)