L’annonce d’une hausse de 2% du SMIC au 1er juin 2026, conjuguée à l’absence de mesure annoncée pour les fonctionnaires, relance les inquiétudes sur le pouvoir d’achat des personnels de l’Éducation nationale, et en particulier des professeurs des écoles.
Depuis janvier 2024, le point d’indice est gelé. Dans le même temps, l’inflation, même ralentie, continue de peser sur les budgets des ménages, tandis que le coût de l’énergie demeure élevé. Pour de nombreux enseignants, cette situation s’ajoute à une impression de stagnation salariale durable.
Une perte de repères sur le salaire
Les données avancées sur le long terme montrent un décrochage important du traitement des enseignants par rapport au SMIC :
- en début de carrière, la rémunération serait passée de 2,1 SMIC en 1980 à 1,1 SMIC en 2024 ;
- en fin de carrière, elle serait passée de 4,1 SMIC à 1,9 SMIC sur la même période.
Ces écarts illustrent un déclassement salarial sur plusieurs décennies, souvent mis en avant dans les débats sur l’attractivité du métier.

Une catégorie A avec peu de primes
Les professeurs des écoles relèvent de la catégorie A de la fonction publique. Mais, à la différence de certains autres ministères, ils bénéficient de peu de primes. Cette structure de rémunération rend d’autant plus visible le gel du point d’indice, car la progression salariale dépend alors largement de l’avancement.
Recrutement et remplacements sous tension
Les difficultés de recrutement et les démissions sont régulièrement signalées dans le premier degré. Sur le terrain, cela se traduit aussi par des besoins accrus en remplacements, avec des situations plus tendues dans certains départements.
Plusieurs effets sont associés à cette situation :
- recours accru à des vacataires ;
- formation parfois limitée ou insuffisante ;
- continuité pédagogique plus difficile à assurer ;
- charge supplémentaire pour les équipes en place.
Des postes supprimés alors que les effectifs baissent
La tendance démographique est à la baisse des effectifs scolaires dans les années à venir. Dans ce contexte, la question de la carte scolaire et des suppressions de postes revient régulièrement. Certains observateurs estiment qu’une marge de manœuvre pourrait être utilisée pour améliorer les salaires, les conditions de travail et le remplacement, plutôt que pour réduire les moyens.

Attention : les données du graphique résultent du rapport entre le nombre d’élèves et le nombre total de personnels. Elles ne reflètent donc pas le nombre réel d’élèves par classe, une part importante des personnels n’étant pas en charge d’une classe.
Un sujet qui reste central pour les écoles
Au-delà des chiffres, le sujet touche directement le quotidien des classes : attractivité du métier, stabilité des équipes, qualité des remplacements et conditions d’enseignement. Dans le premier degré, où la présence d’un adulte formé est déterminante, ces enjeux restent au cœur des préoccupations des personnels.


😔
Bonjour Carine, je comprends votre tristesse; les chiffres montrent un déclassement salarial et une perte de pouvoir d’achat des enseignants , c’est inquiétant.