Introduction
Une étude présentée par le syndicat SE-Unsa met en lumière une dégradation des relations entre directions d’école et familles, ainsi qu’une hausse de certaines formes de violence ou de pression. Réalisée en ligne auprès de 2.810 directeurs d’écoles primaires publiques, l’enquête s’appuie sur des déclarations recueillies entre mai et décembre 2025, et met en perspective les résultats avec ceux observés en 2013.
Plus de différends entre directions et parents
Selon l’étude, les différends « explosent » : huit directeurs sur dix indiquent rencontrer un différend en 2025, contre quatre sur dix en 2013.
L’analyse du syndicat souligne également que, « à travers les directions d’école », les tensions présentes dans la société semblent davantage « entrer dans l’école ».
Une hausse des insultes, des menaces et des agressions
L’enquête fait apparaître une progression de plusieurs catégories de violences ou d’atteintes déclarées :
- Injures / insultes : un directeur sur deux dit avoir subi des insultes (contre 23 % en 2013).
- Menaces : six directeurs sur dix déclarent en avoir subi (contre 27 % en 2013).
- Agression physique : 2,5 % déclarent avoir subi une agression physique (contre 0,7 % en 2013).
Ces chiffres sont présentés comme des indicateurs d’une évolution défavorable entre 2013 et 2025.
La confiance parents–directeurs se fragilise
L’étude relève aussi une baisse de la confiance déclarée envers les directeurs : 81 % d’entre eux indiquent que les parents leur font confiance, contre 96 % en 2013.
Pour le SE-Unsa, cette évolution s’inscrit dans un climat relationnel plus tendu, susceptible d’affecter le fonctionnement des écoles.
Le “chantage” au départ vers le privé
Parmi les motifs d’inquiétude identifiés par le syndicat figure le fait que certains parents exerceraient une forme de pression liée à l’orientation vers le privé.
Le syndicat évoque un cas de “chantage” : un directeur sur deux déclare être confronté à ce type de situation. Le mécanisme décrit correspond notamment à des demandes visant à « faire sauter une classe » à l’enfant lorsque l’école publique refuse, ou lorsqu’une famille a une « fausse impression » que le privé limiterait certains phénomènes (notamment des absences de professeurs).
Des demandes du syndicat pour accompagner les directions
Face à ces constats, le SE-Unsa appelle le ministère à engager des actions de soutien et de prévention, notamment :
- un plan de formation à la relation avec les familles ;
- une augmentation des décharges pour les directeurs ;
- l’octroi “systématique” de la protection fonctionnelle, notamment.
